Comment « lâcher prise »

Lettre i du 31 janvier 2022

Texte du 5 mai 2019.
Issu de mon journal d’effondrement.

Je vois autour de moi des personnes qui, après des années de pratique, n’ont toujours pas amélioré leur relation aux autres, semblent toujours torturés.

Ce n’est donc pas juste une question de pratique.

C’est peut-être aussi l’intention qui est derrière.
A quel point est-elle pure ?

On dit toujours qu’il faut lâcher prise, mais qu’est-ce que c’est, concrètement ? Car pour y accéder, il semblerait qu’il faille d’abord se couper de beaucoup de plaisirs et de désirs, se créer un cadre strict et contraignant, seul à pouvoir fournir la sécurité suffisante pour s’abandonner pleinement à la magie de la vie.

L’état de flow n’est donc, apparemment, pas si simple à trouver. C’est comme la « grâce », si elle vient « naturellement », elle ne se manifestera qu’à quelques occasions dans notre vie.

Parce que nous vivons si éloignés de nous-mêmes.

Pourquoi ? Nous n’avons jamais appris autre chose. Alors l’inconnu fait peur. Nous pensons que nous allons perdre le contrôle (parce que oui, nous croyons avoir du contrôle sur les choses).

Si j’apprenais, si j’osais confronter ce vide, cet inconnu, ce néant que je crois être derrière la question « qui suis-je ? »…

Alors peut-être, je serais sur la voie du lâcher prise, parce que j’aurais accepté de défier la rationalité pour poser une question sans réponse intelligible, pour demander quelque chose que mon mental considère comme absurde et insoluble, voué à l’échec, une perte de temps…

Alors, quand j’aurai accepté d’aller dans une direction qui défie les règles habituelles de ma logique, de mon éducation, je commencerai à ressentir et à vivre les choses différemment…

Alors, quand je me serai autorisée, en laissant de côté mes jugements envers moi-même, à plonger dans l’inconnu de mon intérieur, sans savoir si cela va marcher, sans aucune certitude, avec la conscience que je n’ai pas le contrôle et que mon pouvoir est minime…

Alors, seulement dans cette humilité-là, je pourrai m’ouvrir à une autre réalité, je pourrai me connecter à une autre vibration qui me portera et m’encouragera à continuer, me donnera confiance en elle pour m’accompagner dans ce lâcher-prise.

­

Faut-il agir pour changer le monde ?

Newsletter 28 janvier 2022

Nombre d’individus sont désespérés à l’idée de se rendre utiles, de contribuer pour changer le monde, de s’engager dans quelque chose qui a du sens.

Ils disent vouloir incarner certaines valeurs, mettre le « faire » au service de l’être.

Mais en réalité, ils sont désespérés à l’idée d’exister.

Ils ont peur.
Peur de ne servir à rien.
Peur d’être inutiles.
Peur de ne pas avoir de raison d’exister.

Et d’avoir honte.
Honte de leur existence-même.
Parce qu’elle n’est pas directement utile.
Ou parce que son impact n’est pas mesurable.

Ils se sont laissés piéger.
Piéger par cette illusion, cette vision déformée de la réalité, ce paradigme capitaliste et productiviste qui nous fait croire qu’un humain vaut moins qu’une machine.

Oui, parce qu’un humain se fatigue.
Oui, parce qu’un humain vit des émotions qui, parfois, l’affaiblissent.
Oui, parce qu’un humain est faible et fragile.

Je ne cesse de lire des phrases de grands inspirateurs du développement personnel, des coachs reconnus et très sûrs d’eux, qui disent : « il y a deux catégories de gens : ceux qui écoutent leurs émotions, et ceux qui réussissent. »

Être humain, c’est être faible.
La faiblesse n’est ni une honte, ni quelque chose qu’il faudrait éliminer.

C’est quelque chose qu’il y a à accepter, comme inhérent à notre nature, à notre condition humaine.

Tant que nous ne comprenons pas cette vérité essentielle, nous nous battrons contre des moulins pour prouver que nous existons. Nous forcerons les choses pour « faire le bien », nous mettrons en place des tonnes de stratégies que nous nous épuiserons à « appliquer » comme de petits soldats — pour ne pas dire les esclaves de notre propre tyrannie.

L’enfer est pavé de bonnes intentions.
Derrière les « bonnes intentions » apparentes, que voulons-nous vraiment ?

Pourquoi nous précipitons-nous pour agir ?
Avons-nous si peur du vide ?
Avons-nous si peur de voir l’absurdité de l’existence, et l’inutilité de la plupart de nos actes ?

Avons-nous si peur de prendre conscience que nous ne sommes rien ?

C’est seulement au moment où l’individu accepte qu’il n’est rien, qu’il peut laisser la place au Tout.
C’est seulement lorsque la personne cesse de se mettre en travers du chemin, lorsqu’elle cesse de vouloir obtenir quelque chose, « réussir sa vie » ou « laisser une trace », qu’elle peut commencer à réaliser quelque chose de significatif.

Juste en existant.
Et en étant curieuse. Ouverte. Vulnérable.

Es-tu prêt.e à tout abandonner, à te laisser malaxer par la vie, plutôt que de chercher constamment à contrôler les choses ?

­

Les choses changent

Newsletter du 26 janvier 2022

Depuis quelques jours, ma vie se transforme. En fait, cela fait des semaines, des mois, des années qu’elle se transforme. Et je te dois la vérité. Je n’en peux plus de me cacher derrière des choses qui ne me ressemblent pas. Je n’en peux plus de reproduire des modèles, de me soumettre à un fonctionnement qui ne m’appartient pas, dans lequel je ne peux être moi-même.

Qu’est-ce qu’un changement ? Ça peut être tout et n’importe quoi. Ça peut paraître impressionnant, spectaculaire, ça peut prendre des formes extérieures. Ces dernières années, j’en ai fait, des changements extérieurs.

Voyager. Revenir.

Quitter un amour, puis un deuxième, puis un troisième.

Quitter la grande ville.

Vivre dans la montagne, entourée d’arbres.

Mais dans tout ça, ce qui compte vraiment, je l’avais à peine effleuré.

Ce qui compte vraiment ?

La transformation intérieure qui m’amène à être moi-même, et à l’exprimer dans le monde.

Enfin.

Et ça ne va pas se faire en une seconde.

Mais le saut quantique a déjà été fait.

Parce qu’aujourd’hui je suis prête à dire non à tout ce à quoi j’ai dit oui en ayant mal au coeur.

Parce qu’aujourd’hui je choisis d’abandonner tout ce qui, bêtement, m’a retenue.

Parce qu’aujourd’hui je cesse de laisser la peur aux commandes.

J’ai cru que j’en avais abandonné, des peurs.

Mais vois-tu, c’est une nouvelle ère qui commence.

Celle de la vérité.

Celle qui n’épargne plus aucune compromission.

Celle où je me dédie à la liberté.

Celle où je me mets au service de l’âme.

­

Équilibre amoureux

Newsletter du 17 janvier 2022

Comment être présente sans être étouffante ? 
Comment me consacrer à mon art sans me couper du monde ? 

Ne pas jouer la mère poule. 
Ne pas simuler l’indifférence. 
Ne pas fuir. 

Et faire quoi, donc ? 
Rien. 
Ecouter ce que l’instant propose. 

Me faire confiance, lui faire confiance. 
La seule règle qui tienne la route. 

Et dire les choses, quand je doute. 
Oser montrer mes fragilités, mes failles. 
Oser parler de la dépendance affective qui me retient encore d’être moi-même et détendue.

Je me rends compte que ces dernières années, j’ai appris à être seule, et à aimer ça : ce confort de n’avoir aucun jugement extérieur à gérer, de ne pas avoir à faire de compromis, cette « liberté » de faire ce que je veux quand je veux, sans m’adapter à quelqu’un d’autre et à son rythme. 

Mais cette autonomie apparente ne m’empêche pas de retomber dans certains mécanismes dès que je suis amoureuse.
Soudain, l’autre devient une raison de vivre supplémentaire, dont je remercie la grâce chaque jour.
Il révèle ma joie, mon amour, et en même temps me donne à chaque instant des occasions de me perdre et de m’oublier.

Alors, comment faire ?
Comment trouver cet équilibre, pour concilier autonomie et harmonie, présence à soi et communion avec l’autre ?

C’est un processus, qui demande avant tout d’observer, et de développer un regard aimant sur soi et sur l’autre.
C’est l’exploration de CRÉ-AIMER. Inscriptions ici.

L’autonomie intérieure

Newsletter du 14 janvier 2022

Pendant bien trop longtemps, j’ai cru qu’il fallait suivre les conseils prodigués par d’autres.

Pendant bien trop longtemps, je me suis pliée à des démarches présentées comme « ce qui est bien ».

Pendant bien trop longtemps, j’ai cru qu’il y avait « des gens qui savent », et qu’il fallait les suivre.

Pourquoi je faisais tout cela avec autant de détermination ?

La réponse est simple : je voulais « réussir ». 
A tout prix.
Être intégrée à la société.
Être acceptée par les autres.

Afin qu’on me foute la paix.
Afin qu’on me laisse vivre tranquille.

Je me laissais contrôler, ou plutôt je me contrôlais moi-même, pour éviter que l’on ne vienne me contrôler de force.
Tout pour éviter de faire face à cette prison extérieure.
Plus rassurant, finalement, d’en créer une à l’intérieure. 
Au moins, c’est moi qui décide comment elle fonctionne — en apparence.

Eh bien, l’avantage c’est que c’est aussi moi qui décide quand elle doit s’effondrer.
Depuis quelques années déjà, ses murs s’effritent, peu à peu.
Moi qui m’étais interdit de douter de mes choix « rationnels » (matérialistes), j’ai progressivement ouvert mon esprit à l’idée de « ne pas savoir », d’être en mouvement perpétuel, de ne pas me définir par un métier ou un statut social.

Ces derniers temps, deux mouvements se conjuguent en moi — et ce n’est pas toujours très confortable. 

D’un côté, la peur, quand ces murs s’effritent, qu’il n’y ait rien derrière, de me retrouver dans un vide abyssal et d’être engloutie par l’angoisse, la sensation de n’être rien.

De l’autre, une forte rancoeur issue de toute la frustration accumulée au fil des années, du fait de ne pas m’être suffisamment écoutée, d’avoir fait tant de choix en fonction de ce que l’extérieur jugeait « bien », et non en fonction de mon intuition profonde (qui, pourtant, me parlait et soufflait clairement ce qui me convenait).

La peur de perdre ce que j’ai construit, c’est l’ego qui craint de disparaître, si je me mets entièrement au service de mon âme, si j’ose avoir la foi et plonger dans l’inconnu.

Mais cette peur, à mesure que je l’observe, prend moins de place. Et je m’aperçois qu’il y a quelque chose de bien plus puissant qui se déploie en parallèle : l’appel de la vérité, cette justesse intérieure qui peut se manifester à chaque instant, si je me dédie à l’écouter et à lui faire confiance.

Et toi, es-tu prêt.e à déjouer les pièges de tes automatismes, et à t’autoriser à vivre vraiment ?

La première fois

Newsletter du 5 janvier 2022

C’est la première newsletter de l’année. Voici la première pensée qui m’a traversé l’esprit en pensant à t’écrire. Je ne t’ai pas vraiment souhaité les voeux que tout le monde souhaite, à Noël et au Nouvel An. C’est fou, ça ! Pourtant, j’ai longtemps été très attachée à ces dates. Surtout le Nouvel An, qui est symbolique d’un passage.

Bizarrement, cette année, je n’ai pas vraiment senti de différence quand minuit a sonné. Car si le 1er janvier donne parfois l’impression d’un renouveau, d’une page blanche, j’apprends de plus en plus que chaque instant peut être ainsi.

Et si je regardais les éléments de ma vie comme s’ils m’apparaissaient la première fois ?

Et si c’était à chaque fois la première fois que j’entendais la voix d’un être aimé ?
Et si c’était à chaque fois la première fois que je m’asseyais à ma table pour écrire ?
Et si c’était à chaque fois la première fois que je rencontrais mon chat ?
Et si c’était à chaque fois la première fois que je faisais l’amour ?
Et si c’était, chaque matin, la première fois que je respirais ?

Alors, peut-être, mon regard serait différent : plus frais, vierge de tout préjugé.

Débarrassée de mes habitudes mentales et émotionnelles, je pourrais m’autoriser à vivre pleinement chaque instant, pour ce qu’il est : un moment de vie, unique et impossible à saisir ni à répliquer.

Non, ma vie ne peut pas être standardisée, mise en boîte.

Je refuse de croire ce mensonge que nous sommes des machines, des êtres voués à obéir à des injonctions sociales qui s’immiscent jusque dans notre intimité, à nous dire ce qui est bien ou mal.

Injonctions que l’on finit par intégrer, comme des croyances qui nous bouffent de l’intérieur et nous pompent notre belle énergie de vie.

La vérité, c’est que tu n’es coupable de rien.
Ce que tu es, c’est parfait.

Tu n’as pas besoin de chercher à changer.

Tu as juste besoin de te déposer, d’enlever quelques armures.

Pour simplement t’autoriser à vivre.
Pour simplement faire confiance au mouvement de la vie, qui est inévitable.
Pour simplement te laisser aimer.

C’est tout ce que tu as à faire.

(Laisser) faire l’amour

Finalement, faire l’amour, c’est quoi ?
Faire.
L’amour.
Manifester un sentiment, donc. Lui donner corps, dans la matière.
Manifester ce que nous sommes, donc.
Car nous sommes l’amour, nous sommes faits d’amour.

Et si on disait plutôt : laisser faire l’amour ?
Puisque de toute façon, c’est l’amour qui agit, pas nous.
Nous ne sommes que des véhicules, des corps par lesquels l’amour circule.

Parfois, l’amour ne circule plus.
Parce que trop longtemps, nous avons fermé notre coeur.
Parce que nous avons eu peur de notre propre puissance, de la puissance de l’amour.

Alors on se dit que c’est l’autre qui ne va pas.
Ou bien que l’on est mal fichu, qu’on n’a pas de chance.
Et on essaie de faire.
On essaie.
On force les choses.
On fait, et on échoue, nécessairement.
Parce qu’on force trop.
Et puis parce que l’échec, c’est nécessaire.
Ça nous apprend des choses.

Ça nous apprend surtout, en fait, à lâcher.

Lâcher la croyance que c’est moi qui fait.
Lâcher le contrôle, la croyance que c’est moi qui ai le contrôle.
Lâcher la pression, l’idée qu’il y a un bien fait et un mal fait, une perfection et un raté.
Lâcher toute la tension que j’accumule quand j’essaie de bien faire, pour plaire et pour être aimée.

Je vais lui dire ça maintenant : mon chéri, est-ce que tu veux bien laisser faire l’amour avec moi ?

17/12/2021

Donner naissance

Newsletter du 17 décembre 2021

Il y a quatre ans jour pour jour, ma grand-mère s’éteignait. Je me souviens de la sensation confuse que j’avais eue à la nouvelle de sa mort : tristesse, apaisement, lumière. Au moment où elle abandonnait son corps, je pouvais sentir son soulagement, et la valeur de la vie, de ma vie, à cet instant. Il fallait à tout prix que je vive l’instant présent, que je sois connectée à l’essentiel.

Je ne t’ai pas écrit ce mercredi, comme si quelque chose couvait mais n’était pas encore prêt à sortir. En ce moment j’explore le lien entre la création et la maternité : en quoi mes oeuvres, mes écrits, mes projets, sont-ils en quelque sorte mes bébés ? A quel point est-ce que je laisse faire la vie, plutôt que de chercher à forcer les choses ?

La pleine lune arrive, c’est le moment de boucler la boucle, de dire merci et adieu aux choses qui nous encombrent, de terminer certains projets, de laisser éclore quelque chose de finalisé, peut-être. Puis-je faire pleinement confiance à ce que la Vie me propose ? Qu’est-ce que je vais laisser émerger pour le retour de la lumière, le 21 décembre ? Qu’est-ce qui, en moi, demande à s’exprimer ?

Nous avons un peu évoqué ce sujet de ce qui est visible, vulnérable, versus ce qui est caché, obscur, lors d’une conversation que j’ai eue ce matin avec Stéphanie Pasquet, sur sa radio Petit Poney. Je te dis quand elle sort, j’ai vraiment hâte, c’était un moment assez magique. On a parlé de mon livre, Tu me vois, et de la puissance qui se montre lorsqu’on ose exprimer sa vérité.

Et toi, as-tu fait le deuil de ce qui n’est plus essentiel dans ta vie ?
Y a-t-il de la place pour accueillir des choses nouvelles, plus authentiques, plus proches de qui tu es vraiment ?

À l’unisson

Tu n’as pas besoin que je m’occupe de toi
Tu as juste besoin d’être aimé et accepté tel que tu es.

Je ne suis pas ta mère, même si je t’offre au quotidien la tendresse infinie qu’une mère peut donner à son enfant. 
Je ne te couverai pas pour garantir ta survie, pour éviter que tu ne t’envoles.
Je ne chercherai pas à contrôler le moindre de tes gestes.

Je veux passer mon temps à cultiver mon être
Et le reste du temps à communier avec toi
Et à créer ensemble de la magie rieuse
Quand nos âmes s’unissent et complotent gaiement
Pour transformer le monde

Je ne suis pas là pour t’éduquer, mais pour grandir avec toi
Je ne suis pas là pour te juger, mais pour te dire ce qui me touche
Je ne suis pas là pour me vexer, mais pour exprimer mes ressentis avec honnêteté

Tout est juste, et j’ai peur
Tout cela cohabite
Et ça ne change rien
A mon amour pour toi

Sortir des schémas ancestraux
Embrasser une nouvelle vérité
Dire non, dire oui
Vraiment

Oser avancer sans méthode, sans carte, sans conseils extérieurs
Oser dire oui à l’aventure de la Vie
Fragiles, certes
Mais unis

17/12/2021

J’aurais dû me taire…

Newsletter du 8 décembre 2021

« J’aurais dû me taire »

Voilà ce qui me traverse régulièrement lorsque quelqu’un réagit négativement à quelque chose que j’ai dit.

Comme quelque chose qui regrette.
Comme de la honte.
Une envie de me cacher.

« J’ai été maladroite. »
« Je l’ai blessé.e. »
« C’est de ma faute, s’il souffre. »

Combien de fois ces phrases ont-elles tourné dans ma tête ?
Parce qu’on m’a fait croire que j’étais responsable de la souffrance de l’autre.
Parce qu’on m’a culpabilisé d’oser dire ce que tout le monde pense mais ne dit pas.
Parce qu’on m’a poussée à me censurer, encore et encore, afin d’être intégrée, acceptée, aimée.

Comme si être moi-même ne suffisait pas.

Oui, parce que le fait d’être « appréciée » n’a rien à voir avec moi.
Cela vient du fait que je rentre dans certains codes, d’une certaine culture, d’une certaine logique de ce qui est appréciable et de ce qui ne l’est pas.
Appréciable que j’aie une bonne qualité d’expression — parce que je l’ai appris.
Appréciable que je sois lettrée, cultivée, musicienne — parce que je l’ai appris.
Appréciable que je souries, que je dise « oui, ça va et toi », que je ne dérange pas trop en pointant du doigt la vérité parce qu’elle m’explose aux yeux.
Appréciable que je me taise.

Être aimée, c’est autre chose.
Je suis aimée quand je suis reconnue pour ce que je suis : un petit bout d’humanité, présent chez toi aussi.
Je suis aimée quand je suis vue dans ma fragilité, et pas dénigrée pour autant.
Je suis aimée quand tu t’aimes à travers moi, quand tu vois dans mon miroir ta sensibilité et ton coeur brisé.

Je suis aimée à chaque instant, en fait.
Par cette Vie qui m’a créée, et qui me traverse à chaque instant.
C’est la même vie qui est en toi, dans ton coeur qui bat, en ce moment où tu me lis.

Une seule Vie.
Une infinité d’expressions singulières de sa beauté, de son amour, de sa lumineuse vérité.